Georges, Édouard, Eugène LEJAMBLE
31/03/1921 Le Havre – 18/05/2001 Le Havre
Élève « de façon intermittente » entre 1930 et 1940
Membre des FNFL
Romancier

Georges Lejamble naît au Havre.
Il porte le même prénom que son père, également né au Havre en 1898, dans une famille ouvrière. En 1916, à l’École normale de Caen (Calvados), celui-ci avait obtenu son Brevet supérieur, sanctionnant la fin des trois années d’études précédant la formation pédagogique, puis il avait été mobilisé, blessé au combat et soigné à Marseille (Bouches-du-Rhône). Il dira avoir rencontré alors, loin de sa Normandie natale, « un monde cosmopolite » et pris une « bouffée d’air exotique » lui ayant donné « envie d’aller voir ailleurs ». Dans l’attente de sa démobilisation, il sera envoyé en dépôt à Orléans. Il y rencontrera sa future épouse, qui avait vécu sa jeunesse dans une famille bourgeoise à Rio de Janeiro (Brésil). Ils se marieront en 1920 au Havre, Georges Lejamble reprenant quant à lui le chemin de l’école, comme instituteur, et obtenant son CAP (Certificat d’aptitude pédagogique) en 1921, année de la naissance de son premier enfant, notre Georges Lejamble. Les relations difficiles entre sa femme et sa famille, s’expliquant par une éducation dans des milieux étrangers et des modes de vie différents, la naissance de ce premier enfant, et le souvenir d’un passé brésilien faste pour son épouse, vont pousser Georges Lejamble « senior », après avoir considéré qu’une émigration, un départ « à zéro » n’était pas envisageable, à se renseigner sur les postes disponibles outre-mer. Au ministère des Colonies, on lui indique Tahiti et Madagascar comme destination possible à ce moment-là pour un instituteur. Après plusieurs mois d’attente et de réflexion, franchissant le pas, il postule pour le poste à Tahiti, mais il est trop tard : la place est prise. Il obtient alors d’être engagé à Madagascar. Débarqué en 1922, il y travaillera 33 ans jusqu’en 1955.
Le jeune Georges va donc passer les premières années de sa vie à Madagascar, alors colonie française. Il y a toutefois sur ses années de jeunesse de grands flous puisqu’il est noté qu’il va fréquenter notre lycée « de façon intermittente » entre 1930 et 1940, année où il obtient son baccalauréat « philosophie ». Il n’existe pas aujourd’hui au lycée de « fiche élève » à son nom…
Revenu à Madagascar, Georges Lejamble « junior » va obtenir en 1941 un Brevet de capacité colonial, équivalent du baccalauréat. Il accompagne alors son père, chef de la circonscription scolaire de Tuléar, au sud-ouest de Madagascar, et va être, pendant plusieurs mois, instituteur auxiliaire en remplacement d’une institutrice. Il est ensuite recruté, en 1942, comme surveillant au lycée Gallieni de Tananarive (aujourd’hui lycée Andohalo à Antananarivo).
Alors que la « Grande Île » avait été défendue jusqu’au 6 novembre 1942, de façon acharnée, par les troupes de Vichy sous le mandat du gouverneur général Armand ANNET, la France libre va se voir confier le pouvoir sur Madagascar par les Alliés sous la direction, à partir du 7 janvier 1943, du général Paul LEGENTILHOMME. Rapidement, 900 volontaires rejoignent la France libre, dont, le 16 janvier 1943, Georges Lejamble qui s’engage dans les Forces navales françaises libres. Il est d’abord affecté à la Marine de Madagascar, puis embarque sur le célèbre aviso colonial des FNFL « Savorgnan-de-Brazza ». Il navigue ensuite sur le cargo armé « Barfleur », un ancien bananier de la Compagnie Générale Transatlantique dont le port d’attache était Le Havre, et participe à son bord, le 15 août 1944, au débarquement de Provence. Il est ensuite affecté à la Marine du Maroc et termine la guerre comme aspirant. Il sera homologué FFL.

Pas plus que pour son enfance et son adolescence, on ne sait pas grand-chose de la vie que va mener ensuite Georges Lejamble. Tout au plus le retrouve-t-on, au début des années 1990, lorsqu’il publie, à l’Imprimerie de Madagascar, deux romans autobiographiques. Dans le premier, intitulé « Les Coloniaux », il évoque un instituteur grimpant rapidement dans la hiérarchie de l’Éducation nationale et finissant par épouser une Malgache. Est-ce un hasard s’il a baptisé cet instituteur Charles GOFFIC, une quasi homonymie avec le nom d’un ancien professeur du lycée du Havre, Charles LE GOFFIC, devenu Académicien français ?
Quant au second, « Les chênes de la place Colbert, ou BBC Nostalgie », il le consacre à sa propre vie sous l’identité d’un jeune homme prénommé Édouard (son deuxième prénom), adolescent à Madagascar alors que la guerre éclate en Europe. Il y décrit « une sociabilité où Malgaches et Européens se rencontrent dès les années 1920 ».
Georges Lejamble y révèle « un vrai sens de la description des paysages et des situations. Une mine d'or pour qui souhaite se plonger dans l'étude du Madagascar de la colonisation ». Il y propose « une balade dans le Tana d’avant-guerre » qui fera encore l’objet d’un article dans « Clicanoo, le journal de l’île de la Réunion » du 2 octobre 2005…
Sous la direction de Madame Dominique RANAIVOSON, maître de conférences à l’Université de Lorraine, est paru, à l’automne 2021 le numéro 13 de la revue de la SIELEC (« Société internationale d’études de littératures de l’ère coloniale »). Celui-ci est consacré à la vie culturelle à Madagascar pendant l’ère coloniale (1896-1960) et s’appuie notamment sur des témoignages de Georges Lejamble.
Celui-ci meurt à l’âge de 80 ans au Havre et est inhumé au cimetière Sainte-Marie.
Sources :
- https://compagnonshavrais.jimdofree.com/biographies-de-ffl-du-havre/lejamble-georges-fnf/
- https://www.havrais-en-resistance.fr/view/admin/entry/33653/?pagenum=101
- http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=80670
- https://theses.hal.science/tel-01104576/document - page 118
- https://www.postenavalemilitaire.com/t3470-barfleur-1939-1946
- http://tatsimo.blogspot.com/2016/10/tulear-vu-par-le-romancier-georges.html
- http://dago.mada.free.fr/Histoire/Tana_avt_guerre.htm
- Florence ROUMEGUÈRE : Anciens élèves FFL du lycée de garçons
Écrit par : Jean-Michel Cousin
Le 21/02/2026